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Histoire locale |
La RENAUDIERE… toute une histoire

(rédaction
de Marielle BLANCHARD)
I-Aux origines de la Renaudière
II- Situation et historique de la paroisse
III- Notre-Dame du Plantis, une paroisse disparue
IV- Le Manoir de La Perrinière
Les autres documents à consulter
dans nos archives : …
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La Renaudière, petite commune
d’environ 800 habitants, appartient au canton de Montfaucon (6 km) et à l’arrondissement
de Cholet (18 km). Elle est également distante de 54 km d’Angers.
I-Aux
origines de la Renaudière
Placé
au centre de l’antique Tiphalie, le territoire habité dès les premiers âges,
était traversé par de nombreuses voies entre lesquelles, au centre, passait la
grande voie de Champtoceaux à Montfaucon, qui venait de Villedieu, laissait la
Baubrie à l’ouest, et passait entre la Perrinière, le Grand-Aunay et le
Vigneau. Elle était croisée par la voie de St Macaire vers Nantes, dans la partie
sud, par la voie de Montfaucon le long de la Moine, et du sud au nord
probablement par celle de Tiffauges à Beaupréau.
Les
monuments dits celtiques, traces de ces temps passés abondent dans le
pays :
ü
à la Bretaudière, un peulvan de 3,20 m, dit Pierre-Levée, au flanc sud d’un
mamelon de 91 m de hauteur.
ü
au Pont Germillon, près du carrefour des Trois-Chênes, sur le bord du ruisseau,
la Pierre qui tourne, énorme bloc, long de 9 m sur 8 m, qui à midi s’en va
boire, au dire des croyants.
ü
dans le pré voisin, deux Peulvans abattus, dont le principal mesure 4,35 m sur
2,50 m.
ü
sous le hameau de la Douinière, près du ruisseau, la Pierre-Drot.
ü
près du moulin à vent de la Colle, un peulvan brisé, un autre près de la ferme
de l’Erable.
ü
sur un espace de près de 10 hectares, dit le Champ-des-Pierres ou de la Creux,
entre la Moine vers le sud, le ruisseau du Pont-à-l’ Ane vers l’est et deux
chemins à l’ouest et au nord, se rencontrent de nombreuses pierres, simples
blocs erratiques peut-être.
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Le menhir de Charbonneau (dans le Champs de Pierres) |
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Le Dolmen du Pont-Germillon
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II- Situation et
historique de la paroisse
En
1179, la commune s’appelait l’Ecclésia de Renauderia, puis en 1562, la
Regnauldière et c’est enfin en 1566 que la commune prend le nom de la
Renaudière.
Elle
est implantée sur un plateau du nord au sud vers la Moine avec son point
culminant à 104 m et son point le plus bas à 89 m. Autour on trouve les
communes de Gesté à 9 km, de Villedieu à 4,5 km et de St Philbert à 5,5 km au
nord. A l’est on trouve St Macaire à 6 km, au sud Roussay à 4 km et à l’ouest
St Germain à 5 km.
De
nombreux ruisseaux traversent la commune comme celui de Garrot (de la Varenne
ou de Gaigné) et de la Riverette. D’autres y naissent comme celui du Pont-à-l’
Ane, des Potiers, de la Bonducière, de la Sanguèze et de la Planche-Branger.
ü
1789
A
l’époque de nombreux hameaux dépendent de la Renaudière tels que la Bonducière
(4 maisons, 23 habitants), les Landes (6maisons, 18 habitants), la Ragotière (3
maisons, 31 habitants), le Pont-Germillon (6 maisons, 38 habitants), la
Maillardière (4 maisons, 18 habitants), la Bretaudière (3 maisons, 26
habitants), la Chevallerie (3 maisons, 22 habitants), l’Erable (3 maisons, 22
habitants), Charbonneau (3 maisons, 27 habitants), le Grand-Aunay (3 maisons,
19 habitants), la Douinière-Vieille (3 maisons, 20 habitants) ainsi que le
Château de la Machefolière et 43 fermes ou écarts dont une douzaine de deux
maisons.
La
Renaudière avait une superficie de 2145 hectares dont 11 hectares en vigne, 97 en
bois taillis, 20 en futaie, 3 en châtaigneraie, 360 hectares en labours, y
compris les 120 hectares en landes il y a 40 ans.
Population : 1683 : 400 communiants 1906 : 801 habitants
1720-1726 : 100
feux, 455 habitants 1921 : 768 habitants
1789 : 102 feux 1926 :
772 habitants
1821 : 669
habitants
1936 : 754 habitants
1831 : 738
habitants
1946 : 761 habitants
1841 : 762
habitants
1954 : 807 habitants
1851 : 819
habitants
1968 : 864 habitants
1861 : 881
habitants
1975 : 819 habitants
1866 : 849
habitants
1982 : 772 habitants
1872 : 822
habitants
1990 : 777 habitants
1876 : 860 habitants 1999 : 805
habitants
1891 : 868 habitants
La paroisse dépendait du Diocèse
de Nantes, du Doyenné de Clisson, de l’Election et des Aides d’Angers, du
Grenier à sel de Cholet, du District en 1788 de Beaupréau, en 1790 de Cholet,
du canton en 1790 de St Macaire et depuis l’an VIII (1799-1800) de Montfaucon.
La principale terre seigneuriale était la Machefolière, quoique la juridiction
ressorte de Montfaucon. Perdue au milieu de chemins absolument impraticables en
autre saison que l’été, même à dos de cheval, le bourg était presque tout
entier habité par une population de pauvres et de mendiants.
Le
marché se faisait le mardi avec du commerce de bestiaux gras, de céréales et de
bois. Il y avait également à la Renaudière une fabrique pour Cholet, une
saboterie et cinq moulins dont un à eau sur la Moine.
Il
n’existait pas de mairie, les documents publics étaient conservés chez le
secrétaire, aubergiste et buraliste. L’école libre de garçons était dirigée par
le curé qui l’avait fondée (le curé Berthelot) et l’école libre de filles,
dirigée par les sœurs de la Salle de Vihiers, était installée dans les
dépendances de l’ancienne église, appropriée à cet effet par les soins du curé.
L’église,
dédiée à Notre-Dame, tombait en ruines et a été reconstruite en 1854-1855 à
trois nefs ogivales, en syénite rose du pays, dans l’ancien cimetière et sur
une partie du jardin de la cure, d’après les plans de M. Simon, architecte à
Cholet, et sous la direction du curé Berthelot, en fonction depuis 1925.
Un
bénitier y est recueilli en granit sculpté du XIII siècle, et à la sacristie un
calice en argent doré, où figurent gravé les instruments de la Passion, le
voile de la Véronique, et des têtes d’anges ; une croix en argent, ornée
de têtes d’anges sur fond de quintefeuilles et de guillochés ; et enfin un
ciboire en argent, où se lit sous le pied l’inscription circulaire en creux :
la Regnauldière E.P.R. 1634- initiales d’Etienne Porcher, recteur. Un dessin de
Gaston, de Cholet, conservé à la cure, représente l’ancienne église, qui
s’élevait sur le terrain voisin vers le nord. Il n’en restait en 1878 qu’une
chapelle relativement moderne, transformée en bûcher pour les Sœurs de l’école
et où étaient déposées sous les fagots divers pierres de tombes. A l’angle sud
un cadran vertical, sur ardoise, porte l’emblème du soleil avec la devise
Occidam et Resurgam.
III-
Notre-Dame du Plantis, une paroisse disparue

SITUATION
En
1169, dans une bulle du Pape Alexandre III, on parle déjà de la paroisse Notre-Dame
du Plantis " Ecclesiam de Planteil ".
Cette
paroisse comprenait le territoire vaguement circulaire formant la partie
nord-ouest de la commune de la Renaudière, désigné actuellement sous la dénomination
de Haute-Paroisse. Traversée par l’antique voie romaine de Doué-la-Fontaine à
Nantes, par St Macaire-en-Mauges et Tillières, cette région est bordée par les
communes de Villedieu-la-Blouère, Gesté et St Germain-sur-Moine. On y trouve
une dizaine de fermes disséminées sur un sol plat, acide, à fond imperméable.
HISTORIQUE DE LA PAROISSE
Autour
de l’église paroissiale, un modeste édifice de six mètres sur neuf construit
dans un bas-fond bordé par les bois, ne devait se former qu’un maigre village ;
certains documents anciens parlent d’une borderie.
Vers
1420, la paroisse de Notre-Dame du Plantis est annexée à celle de Notre-Dame de
la Renaudière. C’est ce que confirme, en 1979, le vicaire de la Renaudière, C.
Bonaventure Bureau dans son " répertoire des noms et surnoms inscrits
dans les registres de la paroisse de la Renaudière ". L’église
annexée du Plantis était présentée par le seigneur de la Thévinière et le curé
de la Renaudière était tenu d’y venir dire la messe aux quatre grandes fêtes de
l’année.
Au
début du XVIIe siècle, le seigneur de la Thévinière étant ruiné, les droits de
présentation furent cédés aux seigneurs du Plessis en partage alternatif avec
l’Abbé St Jouin et plus tard avec l’évêque de Nantes. Les baptêmes, mariages et
sépultures continuent d’être célébrés au Plantis. Puis le dernier acte
intéressant la paroisse date du 8 décembre 1708 : c’était l’acte de
sépulture de Mathurine Séchet, femme de Jean Sanson. A cette époque on ne parle
déjà plus de baptêmes et de mariages. A partir de 1709, les sépultures sont
faites au cimetière de la Renaudière, pourtant on prétend que mariages et
sépultures ont lieu au Plantis jusqu’en 1789.
En
1792, on suppose qu’une activité paroissiale a subsisté jusqu’à la révolution
et jusqu’aux guerres de Vendée ou que des moines réfractaires y sont venus
célébrer furtivement profitant ainsi de l’isolement du lieu. Après la
tourmente, des pierres de taille sont extraites des ruines du Plantis afin de
construire la ferme de la Moricière.
LE PLANTIS AUJOURD’HUI
Aujourd’hui
dans le mur de la façade de la Moricière on peut encore deviner un petit
piédestal et près d’une grange, un bénitier de granit, massif et cylindrique,
se laisse détériorer par les intempéries.
Sur
le Plantis même il ne reste que quelques modestes bâtiments qui ont été
reconstruits mais qui sont à présent inhabités. Près de la porte d’entrée gît
une pierre carrée, creusée que l’on ose à peine appeler bénitier. On peut
également remarquer un linteau de fenêtre, débris d’une pierre de granit
décorée en ogive et au-dessus de la porte d’une étable, un fragment de croix à
fût rond, ornementé d’une croix sculptée. D’après G Grellier, il ne reste rien
des autres fragments de croix signalés par Célestin Port.
C’est
dans un petit pré voisin qu’ont été repérées les fondations de la modeste
église, et c’est là, tout près, que la croix gardienne des lieux s’est brisée
en tombant sur des tombes depuis longtemps abandonnées.
Il
est difficile d’imaginer qu’une vie paroissiale avec tout ce qu’elle comprend
ait pu s’exercer durant plus de six siècles en ce coin déshérité.

IV-
Le Manoir de La Perrinière
La
Perrinière est un domaine situé sur les communes de la Renaudière et de St
Germain s/ Moine. (La salle à manger est sur la Renaudière et le salon sur St
Germain s/ Moine).
On
parvient à la Perrinière par une allée qui commence sur la route de Montfaucon
à Villedieu, presque à un kilomètre du carrefour du Chêne-aux-Loup. Une courte
allée, ombragée de quelques futaies, arrive en équerre sur l’ancienne avenue
principale ou plus exactement sur un quadrilatère de verdure qui formait l’extrémité
de cette avenue. En effet, l’avenue principale commençait sur la route de St
Macaire à Tillères environ 100 m avant le Chêne-aux-Loups, mais elle n’était
guère praticable ; par contre elle était rigoureusement droite et
traversait le principal du bois de la Perrinière.

LE MANOIR EN 1961
Une
grande grille fermait un jardin à la française. Les deux ventaux du portail
étaient ouverts sur ce jardin. L’allée centrale, toute droite, est bordée de
buis, d’ifs et de vieux rosiers.
A
droite restaient quelques dépendances, des restes des granges, des écuries, des
pressoirs et de la chapelle édifiés en 1660.
Le
château était entièrement entouré d’eau ; en effet les anciennes douves
subsistaient tandis que le pont-levis avait été remplacé par un pont dormant.
Sur la face située au Nord-Est se dressaient encore à droite et à gauche les
vestiges de l’ancienne construction, en bordure des douves. La maison de
l’époque, une vaste demeure moderne, était à quelques mètres plus loin. La
façade était longue et symétrique avec une porte centrale vitrée. L’autre face
exposée au Sud-Ouest, donnait sur une terrasse qui longeait tout le bâtiment de
l’autre côté des douves. Le tout s’élevait sur deux étages et était couvert
d’ardoises.
Autour
extérieur des douves, à droite et à gauche on voyait deux chemins au bout
desquels s’étendait une belle prairie sur laquelle la maison donnait sa face
d’agrément. Tout autour de la maison on trouvait des bois parmi lesquels se
faufilaient cinq belles allées. C’était au milieu de ces bois et de ces
prairies que le ruisseau de " la Perrinière " prenait sa
source pour ensuite s’étendre sur 200 m de cours.
Sur
la droite de la maison, du côté de la prairie, subsistait une charmille où
quelques moulures ou socles de statues sont éparpillés sur le sol … vestiges
des temps passés
La
Perrinière était un magnifique domaine composé d’un vieux manoir sobre, sans
aucun luxe d’architecture, niché au milieu des bois et d’une végétation sauvage
qui formaient des paysages enchanteurs
LES OCCUPANTS DU MANOIR DE 1390 A
…
Le
premier nom connu ici est Pierre de la Perrinière qui vendit ses terres en 1390
à Olivier de Clisson. Ensuite on y trouve en 1453 Yvonnet Simon, un chevalier.
La
famille Gibot
Puis
au milieu du XVè siècle vers 1460 c’est Jean Gibot, un écuyer, qui devient
Seigneur de la Perrinière ; sa famille restera en possession du domaine
jusqu’à la Révolution de 1793
En
juillet 1633, Claude Gibot, seigneur de la Perrinière est enterré à Asnières,
près de Sablé.
Puis
vers 1660, le manoir est habité par René Gibot, père de six enfants. René Gibot
avait fait reconstruire le manoir à cette époque (1655-1660) et il avait fait
installer un oratoire afin que sa famille, ses domestiques et serviteurs ainsi
que lui-même puissent assister à la Sainte Messe même par " temps
d’hiver ".
René-Luc
de Gibot, un des fils de René de Gibot, père de treize enfants, racheta
quelques métairies non loin de la Perrinière augmentant ainsi son domaine. Il
était également gouverneur du Puy-Notre-Dame en pays de Montreuil.
Pierre-David
de Gibot, un autre fils de René, fut reçu chevalier de l’Ordre de Malte en 1667
puis en 1680, il partit faire ses armes à l’étranger d’où il revînt avec le
grade de capitaine de galère et pourvu de la commanderie de Bourgneuf puis de
celle du Temple près de Mauléon.
En
1756 Pierre-René de Gibot, fils de René-Luc, fit l’acquisition d’une partie de
la forêt " de Mortagne " au nord de Cholet, de deux
métairies à la Séguinière, de la maison noble du Landreau, le tout vendu par
Messire Charles-François de Villeneuve, seigneur de Cazeau.
Le
8 mai 1759, Louise-Catherine de Gibot épousa Messire Jacques d’Escoubeau du
Sourdis, Seigneur de Gesté.
C’est
ainsi que vécurent les seigneurs de la Perrinière, loin des fastes de la Cour,
en contact avec de simples gens sans pour autant oublier les privilèges de leur
sang.
Durant
toutes ces années la famille Gibot acquiert petit à petit de nouvelles
terres :
René-Louis
de Gibot, fils de Pierre-René, devient le comte de Chavannes, chevalier,
seigneur de la Perrinière, la Barboire, la Gohelière, la Haye-le-Rosé, le Sap,
le Landreau et la Mauvoisinière.
Ensuite
son fils Luc-René prit le nom de Marquis de Gibot. Il figurait à Angers comme
un brillant d’esprit et en 1790, étant seigneur d’Erigné, il brigua même la
place de maire d’Angers.
Mais
déjà à l’horizon on voyait approcher les tourments des guerres de Vendée devant
lesquelles Luc-René de Gibot prit la fuite en s’exilant. Tout ses biens furent
dissipés et vendus comme biens nationaux.
APRES LES GUERRES DE VENDEE
La
Perrinière fut partiellement brûlée puis vendue à un marchand du faubourg St
Honoré à Paris qui la confia à un homme d’affaire de Montfaucon.
(Suite
à cela, la chaîne des propriétaires est quelque peu
" floue " et ne permet pas de dire qui occupait le manoir
jusqu’aux alentours de 1815)
En
effet c’est aux alentours de 1815 que la Gohelière, la Largère et le domaine de
la Perrinière furent achetés par un officier républicain, le général Travot. Il
avait été envoyé pour pacifier la Vendée où il laissa le souvenir d’un homme assez
humain. Le général Travot avait pensé s’installer dans les Mauges avec sa
famille, mais suite à un procès devant le conseil de guerre à Rennes dû aux
jalousies et à la haine de ses amis et ennemis, il perdit la raison et dut
finir ses jours en maison de santé. Ses fils morcelèrent et vendirent le
domaine.
Le
nouvel acquéreur fut M. Arthur-Philippe-Guillaume-Parfait de Bouillé du Chariol
d’Authezat, un auvergnat, qui épousa Zoé de Bonchamp, la fille unique du
général vendéen Arthus-Melchior de Bonchamp. Il eut un fils, Fernand-Marie qui
eut lui-même une fille, Louise-Thérèse. Vers 1871 la famille de Bouillé vendit
la domaine de la Perrinière à un avocat de la région, Maître Hervé. Une
demoiselle Hervé épousa un Bretault et le manoir resta très longtemps dans
cette famille. Aujourd’hui c’est Monsieur Pignolet le propriétaire.

La
Perrinière aujourd’hui
Célestin
Port avait écrit à propos de la Machefolière : ancienne terre seigneuriale
de la paroisse, relevant de Montfaucon, avec manoir dont le logis, au sommet du
côteau, domine la rive droite de la Moine. Aujourd’hui à la Machefolière,
distante de trois kilomètres de la Renaudière, il ne reste que la ferme
installée au rez-de-chaussée de l’ancienne demeure dont elle conserve des
vestiges.
LE DOMAINE
Le
château était composé de petits bâtiments irréguliers à toits larges et bas, à
tourelles étroites, à portes en ogives et à créneaux. Couvert de mousse, tout
ceci formait un ensemble grave et pittoresque. Deux ifs, aussi vieux que le
manoir, semblaient être depuis des siècles, les gardiens de la porte du jardin.
Les portes et les fenêtres étaient ornées de fort belles sculptures.
Célestin
Port en avait fait la description détaillée suivante :
Le
principal corps à toit abaissé, en tuile, était flanqué sur sa face orientale
de deux tours d’angle. Sur la face opposée, au centre, en saillie, une grosse
tour à fenêtre ogivale, contenait un magnifique escalier tournant en granit.
Au-devant s’étendait une grande cour avec les servitudes et la chapelle. Deux
ifs énormes indiquaient encore l’entrée de l’ancien jardin. A l’intérieur, se
trouvaient deux hauts et vastes appartements, munis chacun d’une colossale
cheminée en granit taillé, avec fenêtres bordées de sièges de pierre. Deux
chambres à coucher, portaient peint sur le manteau de leur cheminée un arbre
généalogique formé d’écussons. Trois grands bois taillis, cinq métairies, et
les moulins à eau et à vent de la Colle et de Normandeau en dépendaient.
UN THEÂTRE DE DRAME
Le
29 juillet 1746, l’aumônier Jacques Hacket, prêtre irlandais, fut trouvé noyé,
âgé de 34 ans, dans la Moine.
Mais
le drame le plus célèbre s’étant déroulé à la Machefolière est celui de la
" Belle Marion ".
La
famille de Collasseau possédait le domaine depuis le milieu du XVIIè siècle.
Marie-Renée-Françoise de Collasseau, dite la Belle Marion, veuve de M. Rouault
de Trigueil, dont elle avait un fils, épousa en seconde noce, René-Bertrand
Morand, chevalier seigneur du Déron et de la Haye-de-Bretagne : elle prit
ainsi le titre de " Dame de la Machefolière et… du cimetière son
annexe ".
La
" Belle Marion " était d’une incomparable beauté et elle
aimait se promener à cheval accompagné d’un fidèle serviteur et de quatre
grands lévriers. Petit à petit la dame devenait de plus en plus despotique et
acariâtre avec son mari qui pourtant était l’homme le plus doux du monde mais
aussi le plus faible. Madame commençait à trouver son mari encombrant et le
pria donc de ne plus s’occuper des affaires car elle aimait à tout gouverner.
Monsieur se fâcha enfin le jour où
l’on vit le fidèle domestique devenir intendant. Huit jours plus tard la belle,
discutant avec son intendant qui avait du mal à accepter son ordre, mit en
place son crime. Elle pria son mari de descendre dans son cabinet, au rez-de-chaussée
de la tour nord. La tête de monsieur, placée devant la fenêtre donnant sur le
jardin et éclairée par le chandelier, devenait une cible pour le tireur caché
dans les buissons, qui n’était autre qu’Albert, le fidèle intendant. Une
détonation retentit et la châtelain s’effondra.
La Belle cria aussitôt au crime de
rôdeur ou de braconnier, mais la voix publique la dénonçait. Elle fut arrêtée.
On prétend que la bourre du fusil fut retrouvée sur le sol et qu’elle avait été
faite avec une lettre d’amour de Madame du Déron à son intendant. Pourtant la
dame fut acquittée. L’intendant disparut et on dit qu’il mourut en Amérique
après avoir avoué son crime.
La
dame prononça cette phrase à l’annonce du verdict :
" Merci
Messieurs les juges, vous m’avez blanchie "
La
réponse fut :
" Oui
Madame mais avec de l’encre "
Un
dicton vendéen illustre parfaitement la conclusion de cette histoire :
" De
trois choses Dieu nous garde :
De
bœuf salé sans moutarde,
D’un
valet qui se regarde
Et
de femme qui se farde "

Une
rue de la Renaudière s’appelle la rue du Chanoine Berthelot et ceci n’est pas
anodin. En effet cette rue porte le nom d’un curé de la Renaudière qui a marqué
la commune et que l’on a appelé le " Père La Flamme " car
il ne connaissait pas le repos.
Né
le 13 septembre 1799 à Champtocé, sur les bords de la Loire, Christophe Berthelot
fit ses études au Petit Séminaire de Beaupreau. Ordonné prêtre le 12 juin 1824,
il fut nommé vicaire à St Macaire-en-Mauges pour devenir ensuite curé de la
Renaudière le 25 août 1825, charge qu’il occupa jusqu’à sa mort le 6 décembre
1884.
Le
curé Berthelot était une figure emblématique dans la commune, on le voyait
passer dans les rues à s’affairer sans cesse. En effet levé dès 3h30, il
remplissait ses obligations sacerdotales, ensuite à 7h30 il donnait des cours
dans sa " chère école " et enfin à la fin des cours, à 16h,
il visitait les malades et ne se couchait pas avant 22 ou 23h.
Le
Père la Flamme aimait recevoir des collègues et des jeunes à qui il donnait des
cours mais il n’aimait pas sortir. En effet ses seules sorties étaient des visites
à ses collègues et sa retraite annuelle à Bellefontaine. Sa seule véritable
sortie fut un séjour à la mer, sur ordre du médecin, qu’il a quand même écourté
en ne partant qu’une semaine au lieu des trois prescrites.
Le
chanoine Berthelot mourut le 6 décembre 1884 et c’est la commune entière qui
fut en deuil. De nombreuses personnes étrangères à la Renaudière sont venues
rendre hommage à cet homme intrépide et dévoué.
DE GRANDS ACTES POUR LA
COMMUNE
Le
curé Berthelot était un de ces prêtres qui avait compris que l’éducation en
milieu rural était très importante. Vers 1829, il créa la première école à la
Renaudière, école très estimée et très fréquentée. En effet quelques 100 à 150
élèves de la commune et des communes environnantes faisaient le déplacement
pour assister à la classe du Père la Flamme.
Il
y enseigna jusqu’à la fin de sa vie, aidé dans sa tâche tout d’abord par
Mademoiselle Marie Poilane, puis par Mademoiselle Marie Ripoche. Il installa
également l’école libre de filles dirigée par les Sœurs de la Salle-de-Vihiers,
dans les dépendances de l’ancienne église.
Le
deuxième grand acte, dont il fut l’auteur et qui marqua la commune, fut
l’édification de l’église actuelle qui commença le 1er août 1854 et
fut bénite le 12 août 1857. En effet l’église, dédiée à Notre-Dame tombait en
ruine. Il en fut à la fois, le financier, l’architecte et le maître d’œuvre,
aidé dans sa tâche par M. Simon, un architecte de Cholet. C’est dans cette
église que l’on pleura le vieil homme lors de sa mort le 6 décembre 1884.
Les
restes du Saint Pasteur ont été déposés au pied de la croix du cimetière. Une
citation, signé A.B., peut résumer le sentiment des paroissiens :
" Adieu
donc prêtre vénéré nous perdons en vous un père aimé, la paroisse de la Renaudière
un pasteur incomparable, le clergé un modèle de la fermeté dans la foi, de
l’énergie dans le travail et de la régularité dans la conduite de la
vie. "
Il
naquit en 1881 dans une famille chrétienne d’instituteurs publics, à
Villebernier, près de Saumur. Il était professeur à Ste Marie de Cholet où il
faisait preuve d’une grande compétence, due à son amour de l’étude et des
livres, pour former une élite.
Il
était artiste et admirateur inconditionnel de la nature ; en effet devant
un bel arbre, une clairière ensoleillée ou une œuvre d’art, l’Abbé Moreau
oubliait tout. Déjà aux alentours de 1890 le professeur de Villebernier, son
père, devait sévir contre les escapades buissonnières de son fils.
En
1927 M. Moreau fut nommé curé de la Renaudière et il y resta jusqu’en 1958. Il
était un pasteur digne, apprécié, charitable, compréhensif qui écoutait ses
paroissiens même à propos de leurs plus menus problèmes de famille. Il était
posé, prudent et il n’avait pas la fougue d’un de ses prédécesseurs : le
" Père la Flamme ". Pourtant M. Moreau mettait toute sa
passion à défendre farouchement ses écoles avec M. Morinière pour les garçons
et les sœurs de la Salle-de-Vihiers pour les filles. Il avait une grande
admiration pour l’enseignement de son père et désirait inculquer le même aux
enfants de la Renaudière : " Des bases scolaires foncièrement
chrétiennes sont indispensables à l’éclosion des vocations sacerdotales et
religieuses " qui effectivement ne manquèrent pas sous son pastorat.
L’Abbé
Moreau comme le " Père la Flamme " était un homme très
actif, c’est pourquoi on l’entendait régulièrement se plaindre que les journées
n’aient que 24 h et demander des journées de 48 h afin d’accomplir toutes ses
tâches et de pouvoir se consacrer à ses goûts d’artiste.
L’Abbé
Moreau était prêt à tout pour défendre, soutenir, protéger ses paroissiens et
c’est en 1942-1944 qu’il le prouva fortement. En effet à cette époque, on
manquait de bras pour les travaux des champs car les hommes avaient été faits
prisonniers. Discrètement il burina dans des copeaux de buis les différents
sceaux des administrations allemandes cantonnées dans la région et c’est ainsi
que plusieurs purent rentrer grâce à de faux laissez-passer et de faux
sauf-conduits.
L’ironie
du sort est que dans le même temps des garnisons de l’armée d’occupation
s’installèrent pour plusieurs semaines chez lui, en la grande salle du
rez-de-chaussée. Un jour un de leurs officiers vint leur rendre visite,
s’excusa auprès de lui pour le dérangement et le félicita de parler
excellemment la langue allemande. S’il avait su que, dans la même langue le bon
curé rédigeait non moins habilement laissez-passer et sauf-conduits !
En
1958, il quitta sa paroisse pour les Ardilliers où il s’éteignit en 1964. Ses
cendres reposent dans le cimetière de la Renaudière.
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Témoins d’une croyance en Dieu aussi dure que le granite et étroitement solidaires du terroir qui leur a donné naissance, nos Croix et Calvaires révèlent la maîtrise de nos granitiers, qui taillaient la roche avec autant de verve que les paysans en mettaient dans l’accomplissement des travaux des champs. |
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Voici l’historique des croix,
calvaires et grottes édifiés sur la commune :
ü Le grand-père BRIN avait promis d’élever
une statue si ses enfants revenaient de la guerre 39-45. Chose promise, chose
due. Il attendit cependant le retour d’un de ses fils prisonnier et, en 1949,
la famille creusa une excavation dans un talus bordant le terrain du grand-père.
La
Sainte-Vierge y a été placée par René MORIN, maçon à la Renaudière, ancien
prisonnier de guerre. La statue a été bénie le dimanche 9 octobre 1949 par le
R.P. FILLAUDEAU, supérieur des Chapelains de Notre-Dame du Marillais. Celui-ci
était un copain du grand-père BRIN durant la guerre de 14-18. Monsieur Le Curé
MOREAU de la Renaudière assistait également à la bénédiction au cours d’une
cérémonie à laquelle participait un grand nombre de paroissiens.

ü La famille Pierre MARY du Bordage éleva en
1871, une Croix à l’angle de la route du Grand-Aulnay : ceci en
reconnaissance du retour de leur fils Pierre de la guerre de 1870.
ü Le Calvaire du Cimetière date de la
Mission de 1901. Remarquable œuvre de granite qui provient des Douinières. Deux
croix se brisèrent en les transportant et il fallut en tailler une troisième
pour procéder à son édification.
ü Le Calvaire du Pont-Germillon fut élevé au
cours d’une Mission en 1887. Il fut rénové à deux reprises pendant les Missions
de 1924 et 1959.
ü Le Calvaire de La Piltière a été élevé en
1912, par la famille DOUCET qui était venue s’installer à la Renaudière après
avoir quitté Montigné en 1899. Le grand-père Pierre DOUCET et sa femme née
CHIRON avaient acheté la ferme de La Piltière (25 ha) et s’étaient promis
d’élever un calvaire s’il réussissaient sur leur terre.

En
décembre 1951, eut lieu une Mission. A cette occasion, les gens allèrent en
procession de l’Eglise au Calvaire en cheminant entre les guirlandes de houx et
les roses en papier. On descendit le Christ pour le décaper et le repeindre.
Certains craignaient qu’il ne fût prêt pour la cérémonie mais le travail fut
bien exécuté pour le jour fatidique.
ü La Croix du Pouet serait l’ancienne Croix
du Cimetière qui aurait été transportée là à une date que personne ne peut
préciser.

ü La Vierge de La Petite Brunellière fut
élevée en 1964 par la famille PREAULT. Gabriel Préault et sa femme se rendaient
souvent à Lourdes où ils aidaient les malades à se déplacer. Ils avaient une
grande dévotion pour la Vierge et ils décidèrent d’édifier ce petit oratoire.
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La Renaudière est donc une jolie commune qui jouit d’un riche passé. Mais la Renaudière c’est surtout aujourd’hui une commune accueillante où il fait bon vivre. Le nombre de constructions nouvelles permettant d’augmenter le nombre d’habitants, à ce jour estimé à plus de 900 habitants, en sont une preuve vivante. |
Mise à jour du 19/11/2003 - © Mairie LA RENAUDIERE